Projets curatoriaux

Hobo, l’art en déplacement I Galerie des Etables Bordeaux

 

 

 

Hobo

 

 

Hobo                       no walk, no work*

En 2014, Lydie Marchi, directrice d’HYDRIB et Nadia Russell, directrice de L’AGENCE CRÉATIVE ontinitié des échanges entre leurs villes respectives, Marseille et Bordeaux. HYDRIB a programmé une exposition de la Galerie TINBOX dans le cadre du Printemps de l’art contemporain organisé par le réseau Marseille expos. C’est au tour de L’AGENCE CRÉATIVE d’inviter HYDRIB à Bordeaux.

Le projet mené en 2015 est un commissariat croisé entre Lydie Marchi et Nadia Russell pour une exposition à la galerie des Etables, espace d’exposition dédié aux projets curatoriaux soutenus par la ville de Bordeaux. L’exposition intitulée HOBO se déroulera du 6 au 28 mars 2015.

Toutes deux conceptrices de galeries itinérantes : Saffir, galerie nomade devenue Hydrib, plateforme dédiée aux arts visuels, et Tinbox, la galerie Mobile de L’Agence Créative pour l’art contemporain, elles ont décidé de porter leur réflexion sur l’art en déplacement.

Elles ont sélectionné quatre artistes chemineaux pour qui l’itinérance est au coeur de leurs démarches artistiques et de leurs conditions d’artistes. Ils ont pour points communs d’être des globe-trotters capables de poser leurs valises au quatre coins du monde, de résidences d’artistes en expositions, de pays en pays ou d’utiliser le voyage et les flux comme source ou matériau plastique. « L’artiste contemporain est nomade, exilé, polyglotte, adepte du dubbing, «sémionaute» voyageant entre les signes des diverses cultures qu’il côtoie. »** Ces artistes HOBO se déplacent selon la triade qui consiste à chercher un territoire, à partir, se déterritorialiser puis à revenir, se reterritorialiser, cette « ritournelle » déploie des écritures plastiques infinies.

L’exposition HOBO a néanmoins choisi d’en aborder trois : L’art topocritique (Agapanthe), le récit de voyage, la trace et le déplacement comme figure processuelle (Pascal Martinez et Florent Bailly) et pour terminer le voyage imaginaire (Javiera Tejerina-Risso). Le travail développé par Pascal Martinez renvoie depuis une vingtaine d’années aux notions de déplacement et d’observation de la temporalité à travers de multiples “petits riens” du quotidien qu’il s’attache à transcrire que ce soit par le médium de la photographie, de la vidéo, de l’installation, du dessin ou encore de l’édition.

Le flux induit par le déplacement, quel qu’il soit, est au coeur de la pratique de l’artiste franco-chilienne Javiera Tejerina-Risdo. Pour autant, l’oeuvre sélectionnée “Isla » renvoie à un sentiment de statisme face à une nature domestiquée par l’homme. Statisme qui semble contraire aux flux mais qui renvoie aux voyages imaginaires, à ceux que tout un chacun effectue au plus profond de lui-même. Cette île, dans sa solitude, induit un sentiment de métaphore romantique quant à la position de l’artiste dans la société actuelle. Elle est aussi le reflet de la pratique de la résidence qui rends l’artiste définitivement HOBO, sans domicile fixe. Ces deux artistes ont pour attache commune, au-delà de leurs origines, la ville de Marseille.

Les artistes invités par Nadia Russell, quand à eux sont de véritables globe-trotters.

HOBO est l’occasion de réunir ces artistes vagabons, le temps d’une exposition les invitant à poser leurs valises à Bordeaux en Aquitaine, ville ou région dans laquelle ils ont de fortes attaches.

Agapanthe est le nom d’un duo d’artistes constitué par Alice Mulliez & Florent Konné. Ensemble ils ont fait le tour du monde. Leur collaboration est née de la volonté de mettre en commun et en forme les données qu’ils ont pû collecter au travers de leurs voyages. Véritables artistes topocritiques, ils opèrent des « fouilles archéologiques » dans des « archives cachées » leurs permettant de rassembler des informations qu’ils vont transcrire en formes artistiques. C’est le cas d’ISOLA, cartographie numérique à imprimer réalisée lors d’une exposition au FRAC de la Réunion et portant sur la thématique du commerce triangulaire. Ce projet, exposé à la galerie des Étables fait ici échos au passé négrier et colonial de la ville de Bordeaux.

Florent Bailly est un artiste cycliste. Ne se satisfaisant pas des paysages cartes postales, il pédale par tous les temps pour « vivre » des paysages afin de les mémoriser et de les hiérarchiser. Comment traduire physiquement la limite d’un souvenir ? Par le support ? Par le médium ? ‘Vivre le paysage’ est pour lui une façon de respirer face aux images quotidiennes de toutes sources, de construire et mémoriser ses images personnelles. Le vélo est son mode de déplacement, lui laissant la liberté d’adapter le rythme de progression au rythme de son regard. Illustrées sur le vif, ses pauses sont photographiées, notées et dessinées dans un carnet comme les voyageurs romantiques. Le projet pour la galerie des Étables sera la première restitution de son voyage à destination du Cap Nord pour le solstice d’été, le 21 juin 2014. 4200 km à vélo, seul entre la ville de Malmo et le Cap Nord en longeant les côtes suédoises et norvégiennes. HOBO aborde la notion d’art en déplacement, qu’il soit imaginaire, sur un territoire proche ou à travers le monde, à la fois comme démarche artistique permettant une «multitude d’enracinements simultanés ou successifs»*** et un renouvellement permanent de la pratique artistique et critique de l’artiste.

* Hamish Fulton, walking artist

** Magali Lesauvage, in fluctuat.premiere.fr, en référence à Radicant de Nicolas Bourriaud : L’art à l’ère de la globalisation

 

 

Mars 2015 – HOBO, l’art en déplacement /// Table-ronde / Talk – 07/03/2015

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